Category: Opinion

Acheter la paix… réflexion anti-capitaliste

Le système capitaliste détruit et ne fait qu’oppresser l’ensemble du vivant qui s’oppose à l’usage du capital ou qui est incapable d’en faire l’usage. Pensez-y un instant : les animaux non-humains sont parmi les plus grands et les plus grandes anti-capitalistes du monde. Une vache est intelligente, mais elle ne peut comprendre le système monétaire et les banques et nos… Read more →

L’éternel recommencement

Je me prépare un éternel recommencement chaque fois que je dis à une nouvelle personne la fatidique phrase.

Vous savez, la phrase. Vous la connaissez:

JE SUIS VÉGANE.

Je ressors mes réponses toutes prêtes… et les mêmes réflexions jaillissent à mon esprit. Tout ce que je ne dis pas, quoi.

 

Mais… où tu prends tes protéines? Et ton calcium?

Ce que je ne dis pas : Pourquoi cette question? De toute évidence, la personne qui la pose n’est pas intéressée à devenir végane. Alors quoi? Est-on curieux de savoir ce que je peux bien pouvoir manger, ou souhaite-t-on simplement m’informer subtilement qu’apparemment, je ne consomme ni protéines ni calcium (ou que si je le fais, c’est clairement en quantités insuffisantes)?

Ce que je dis : Dans plein de choses. (Avec un sourire.)

(Cette réponse suffit à un nombre étonnant de personnes.)

Mais le lait, c’est naturel!

Ce que je ne dis pas: … Le pétrole aussi.

Ce que je dis: Ça te tente vraiment d’embarquer dans cette conversation-là?

Mais… pourquoi?

Ce que je ne dis pas : Comment expliquer aux gens qu’on n’est pas conformiste sans toujours avoir de grandioses raisons? Après tout, je n’étais pas une grande défenseure des animaux et je n’ai pas détesté le goût de la viande dès mon plus jeune âge… Et pourquoi devrait-on avoir de grandioses raisons pour échapper au conformisme, d’ailleurs? Je comprends la curiosité, mais je ne comprends pas le fait que je devrais absolument justifier le fait d’avoir adopté une alimentation qui me semble naturelle.

Mais j’hésite à répondre « Parce que ça me semble naturel » quand on me demande pourquoi je suis végane. D’abord, parce que ce n’est pas une « super raison ». Et puis, parce que les gens croiraient automatiquement que j’insinue que leur alimentation à eux n’est pas naturelle… Et je ne crois pas que remettre en question les valeurs de personnes qui n’ont pas consenti à ce qu’on remette leurs valeurs en question puisse mener à un changement réel en ces personnes.

Ce que je dis : C’est ce qui me semblait naturel à moi, pour moi.

COMMENT TU FAIS?! Comment tu fais pour vivre sans fromage?! Comment tu fais pour vivre sans bacon?! Comment tu fais pour vivre sans [insérer substance animale quelconque]?!

Ce que je ne dis pas : Je ne sens pas aucune admiration dans ces formulations, mais plutôt de la pitié. On semble simplement vouloir me rappeler tout ce qui me manque. Comme si je ne m’étais pas rendue compte que je ne mangeais pas de bacon, et comme si c’était vraiment une expérience qui manquait à ma vie…

Ce que je dis : Moi, ça ne me manque pas.

Moi, je mange très peu de viande. Juste à telle et telle occasion, et juste telle et telle sorte, jamais telle autre sorte.

Ce que je ne dis pas : Ce commentaire me trouble parce qu’il peut présupposer deux choses : soit que les gens ont l’impression que manger de la viande, c’est mal, et qu’ils me voient comme une espèce de porteuse de moralité (et ça me fait peur, parce que c’est F*CK ALL le cas), soit qu’ils se sentent immédiatement jugés par moi de par le fait même de ma philosophie alimentaire.

C’est étrange… Comme me le faisait récemment remarquer une végane, les humains aussi sont des animaux. Comme végane, je veux les respecter et respecter leurs limites et leurs points de vue… J’ai vraiment du mal avec l’idée que ma philosophie leur donne automatiquement l’impression que je suis contre ce qu’ils sont. Mais encore une fois, quand on sort du conformisme, on peut sembler menaçant…

Ce que je dis : … Ah.

Si tu étais sur une île déserte/ dans le désert et que tu n’avais pas d’autre choix que de manger un animal pour survivre, le ferais-tu?

Ce que je ne dis pas : Pourquoi ça revient si souvent?!?!

Et comment expliquer qu’on peut considérer que quelque chose que tout le monde voit comme de la nourriture n’en est pas pour nous? Comment aider les artisans de cette question saugrenue à comprendre qu’ils seraient confrontés aux mêmes sentiments s’ils étaient désespérés et devaient considérer le fait de manger quelque chose qu’ils ne considèrent pas comme de la nourriture?

J’ai déjà fait une comparaison pour le moins cannibale. Ça a eu le mérite de figer mon interlocutrice, mais c’était peut-être un peu dégueulasse.

Ce que je dis : C’est une drôle de question, non?…

Mais… qu’est-ce que tu manges?

Ce que je ne dis pas : Ben rien, c’est pour ça que je suis debout vivante devant toi.

(Je me calme.)

Je dois tenter de rectifier l’équation erronée : alimentation omnivore – produits animaux = véganisme

WRONG!!!

Comme le disait un ami viandu pour lequel j’ai beaucoup cuisiné : les véganes mangent simplement des choses différentes…

Et il faut comprendre les omnivores : c’est vrai que si on ne mangeait que ce qu’ils mangent sans les produits animaux, ça nous ferait une alimentation pauvre et plate. Très, très plate.

Ce que je dis : Plein de choses que tu ne manges pas!

Et les fellations?!

Ce que je ne dis pas : Come. On.

Ce que je dis : [RIEN!!!]

C’est contre nature! Les humains ont des dents conçues pour manger de la viande!

Ce que je ne dis pas : Un petit enfant, dans une pièce. Un petit chat dans une autre. Dans les deux pièces, un casseau de fraises et un petit lézard. À tout coup, l’enfant mettra les baies rouges dans sa bouche et voudra jouer avec le lézard, et le petit chat mettra le petit lézard grouillant dans sa bouche et jouera peut-être avec les fraises. Un enfant ne mettra jamais un petit animal dans sa bouche pour essayer de le manger.

Je ne veux pas dire que conséquemment, personne ne devrait manger de viande. Bon, ce n’est pas vrai, je crois sincèrement que ce devrait être le cas, mais le point que j’essaie vraiment de faire valoir est : est-il vraiment si clair, quand on y pense, que nous sommes une espèce faite pour manger de la viande?

Qu’il est parfois difficile d’exprimer des choses à contre-courant sans passer pour des polémistes… Mais comment fuir la provocation d’un tel commentaire?

Et comment expliquer que ce n’est pas ce que la société dit qui définit ce qui est « contre nature »?

Nature ≠ Société

Heureusement, dans ce genre de discours, je suis souvent sauvée par les hommes des cavernes. Quand les hommes des cavernes débarquent dans la conversation, je peux facilement m’en sortir…

Ce que je dis : On fait les choses bien différemment depuis les hommes des cavernes… et c’est pour le mieux il me semble…

 

C’est pas un peu trop intense/ extrême?

Ce que je ne dis pas : Ce qui est intense ou extrême est personnel. Pour moi, par exemple, manger des animaux, c’est extrême.

À la limite (dans des buts plus pacifistes), j’ai aussi envie de répondre que des positions conformistes non accompagnées d’un questionnement personnel me semblent réellement être ce qu’il y a de plus extrême.

Après tout, qu’est-ce qui est vraiment extrême? Le fait de ne pas manger d’œufs ou de bacon? Mais alors… les personnes allergiques sont extrêmes? Ah non, elles ont une raison « valable »… mais qu’est-ce qui rend leur raison plus « valable » que la mienne?

Je lance parfois l’argument de l’« allergie morale ». Avec un sourire.

Ça n’empêche pas le fait que je me suis déjà fait comparer aux talibans (d’autres extrémistes comme moi). Pour vrai.

Soupir.

(Heureusement, la partie sur les talibans n’est pas un éternel recommencement.)

Ce que je dis : Je ne vois pas ce qu’il y a d’extrême dans le fait de faire quelque chose qui ne fait de mal à personne, même pas à moi.

 

Et vous, qu’est-ce que vous vous faites toujours demander?

Feu d’artifice

“Il y a plusieurs façons de fuir. Certains utilisent les drogues dites psychotogènes. D’autres la psychose. D’autres le suicide. D’autres la navigation en solitaire. Il y a peut-être une autre façon encore : fuir dans un monde qui n’est pas de ce monde, le monde de l’imaginaire. […] Ce comportement de fuite sera le seul à permettre de demeurer normal par… Read more →

Egufer le refuge

Cette nuit, couché dans mon lit, mes yeux refusaient obstinément de se fermer. La cervelle pleine d’images, le corps dans les nuages, mais les yeux grands ouverts (ou bruns). Des scènes atroces tournaient en boucle au ralenti jusqu’aux petites heures du matin dans ciné-ma tête. Des gorges tranchées, des corps sciés, des marres de sang et des sangtaines de morts. Des animaux torturés de corps par des… Read more →