Je ne suis pas une végangéliste !

par Miss Chlalom

crazy man devant un train

Honnêtement je me suis toujours posé la question : « Pourquoi le fait d’être végane est autant attaqué ? » Après tout on ne fait de mal à personne, pour la majorité on essaie plutôt de faire le contraire… Et au fil du temps ma réponse à cette question prends des couleurs différentes. Fait intéressant, j’ai fait du travail de rue pendant dix ans, et je sentais le même genre d’agressivité à l’occasion…

Ce qui me mène à ma première hypothèse : la culpabilité. Je me demande si l’agressivité des attaques n’est pas directement liée à la profondeur de la culpabilité ? Si cet agacement ressenti chez les « débatteurs » est bel et bien face au véganisme ou au sentiment profondément enfoui que tout ne va pas si bien au pays des mangeux de viande. Combien de fois j’ai entendu : « À cause de toi je vais me sentir mal la prochaine fois que je vais manger de la viande ! » (Avec des yeux réprobateurs). Pendant que moi en dedans je me dis : « Ben voyons… Si en sachant la vérité il y a un malaise, ne serait-ce pas une bonne chose d’agir en conséquence… Si on aime les animaux, n’est-ce pas normal d’arrêter de se faire croire que A)c’est autre chose que l’on a dans son assiette  B) Que les animaux qui finissent dans notre assiette vivent un pâturage toute leur vie et meurent en s’endormant au son de la flûte » (Entuka… Ça fait du bien de l’écrire). L’inconscient profond de mon interlocuteur, lui, se dit probablement ce genre de réflexion: « Si ça continue comme ça je ne pourrais plus manger mon steak en paix et je vais me questionner, si je commence à écouter cette petite voix quand ça va s’arrêter… Ce sont mes certitudes qui seront en jeu… C’est trop de boulot et ça m’emmerde… Trouvons plutôt des arguments pour me rassurer ».

Et sincèrement ça ne donne rien d’en vouloir, de se fâcher noir… Moi je ne me sens pas mieux, mon interlocuteur est loin d’être plus ouvert et tout devient gris-gris-gris…

Je sais que ce ne sera pas dans ma génération que mes souhaits seront exaucés. Je sais qu’ils le seront et que je ne serais plus là. Je sais aussi que ce sera un peu grâce à moi et beaucoup grâce à tout les gens de ma génération et de celles d’avant qui auront tenu le flambeau, pour que la flamme survive jusqu’à ce qu’elle soit suffisamment forte pour que tous ou presque voient. Il faut l’admettre par moment c’est difficile et c’est beau en même temps de vivre ma conviction, c’est beau que mes valeurs soient assez fortes pour me guider dans un monde non-végane, que mon cœur et ma tête à l’unisson me disent que c’est la bonne voie… C’est doux de me sentir complète et d’être sereine avec mes choix. Je crois que ce sentiment, au cours de ma vie, fera plus de différences que tout les débats que je pourrais avoir, avec des gens qui ne sont de toute façon pas prêts à entendre…

Soyons des véganes heureux, pas des végangélistes  !

P.S. Cela dit je ne dis pas que je ne profiterais pas d’un beau petit moment bien choisi pour avancer quelques arguments à l’occasion…

P.P.S. Et je ne dis pas que j’arrêterais d’inonder mon entourage de bons petits plats véganes maison… Arme massive de conversion…

  8 Replies to “Je ne suis pas une végangéliste !”

  1. Annie G
    January 16, 2015 at 3:00 am

    Pour ma part, je dis oui à la diversité des tactiques.
    Végane gentille, végane raisonnable, végane militante, végane émotive, Earthlings, la fausse viande, le brocoli, les dattes… On touche chacun des gens différents et tous ne sont pas touchés par les mêmes arguments.
    BIen entendu, se renseigner rend l’argumentation plus facile, mais qui suis-je pour faire la morale?

    • Admin
      January 16, 2015 at 7:49 pm

      Très bien dit Annie ! Il en faut pour tout les goûts !

  2. January 16, 2015 at 8:03 pm

    Tout à fait d’accord avec ce post! Malgré nos convictions et notre attachement profond à notre cause, il faut tout de même faire attention de ne pas trop brusquer les gens. Moi ce qui a fini par m’intéresser au véganisme justement ce sont des personnes proches de moi qui m’ont exposées à leur mode de vie progressivement, sans porter de jugement sur celui que je menais à l’époque. À force de côtoyer ces personnes j’ai vu tout le côté positif de la démarche et je me suis dit que moi aussi je voulais vivre en paix avec mes actions et qu’à la longue mon coeur et mon esprit m’en remercieraient.
    Il faut y aller doucement, à coup de brownies véganes pour convaincre les mécréants 😉 <3

    • January 16, 2015 at 8:35 pm

      Wouah trop honorée de partager l’opinion de Quinoa Apparel !!! 🙂

      • January 16, 2015 at 8:50 pm

        Ahahah 🙂 !

  3. Mélina
    January 16, 2015 at 8:32 pm

    Merci pour ce petit texte, c’est définitivement comment je commence à me sentir par rapport à mon véganisme, au fils des discussions bloquées prématuréement par un “je ne serais jamais capable d’arrêter d’en manger”. Souvent c’est comme s’ils te disent, ouais, t’as de bons points, mais je ne veux RIEN entendre… Ça fait du bien de lire quelque chose d’aussi proche de ma réalité. 🙂

    • January 16, 2015 at 8:36 pm

      Merci aussi de le souligner ! Je me sens aussi moins seule avec mes idées !

  4. January 17, 2015 at 12:14 am

    Avec le temps je trouve qu’il est mieux de juste propager l’amour, le respect, l’honnêteté, la joie et le positivisme 🙂 La culture se transmet par l’exemple, quand plus de monde aimeront, plus de monde deviendront Veg* ♥ 🙂

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